Le rapprochement consiste à indiquer, pour chaque mouvement bancaire, à quel encaissement ou paiement enregistré dans votre comptabilité il correspond. Présenté ainsi, le processus semble mécanique. La difficulté vient du fait que les relevés bancaires ne sont pas conçus pour cela.

Pourquoi est-ce plus difficile qu’il n’y paraît

  • Le libellé du mouvement est peu explicite. Un virement reçu peut porter le nom d’une personne plutôt que celui de l’entreprise qui vous doit la facture.
  • Les montants ne correspondent pas exactement. Des commissions, des retenues ou un paiement partiel peuvent empêcher une recherche par montant de trouver un résultat.
  • Un mouvement peut correspondre à plusieurs factures. Un client qui règle trois factures par un seul virement est un cas courant, pas une exception.
  • Les dates varient. La date d’opération peut différer de la date de valeur.

Aucun de ces problèmes ne se résout avec davantage de volonté. Ils exigent un processus reproductible.

Les formats

Les banques de la Principauté exportent leurs relevés dans les formats habituels de la banque européenne. Il est utile de savoir lesquels votre banque propose :

FormatDescriptionQuand l’utiliser
CSVUn fichier tabulaire dont chaque banque choisit les colonnesLe plus accessible et le moins fiable : les colonnes varient selon les banques et parfois selon les versions
OFXUn format structuré d’échange de données financièresPlus fiable que le CSV, car les champs restent identiques
CAMT.053Le relevé normalisé par ISO 20022Le plus complet : identifiants de mouvement stables et champs de référence utiles au rapprochement
Si votre banque propose CAMT.053, utilisez-le. La différence par rapport au CSV se remarque surtout lors d’une réimportation.

La règle qui change tout : importer deux fois ne doit rien dupliquer

C’est la propriété qui permet de ne plus craindre le rapprochement. Si vous pouvez réimporter un relevé dont la période chevauche celle d’un relevé précédent et que le système reconnaît les mouvements déjà importés, alors :

  1. Vous pouvez importer chaque semaine sans attendre la fin du mois.
  2. Vous pouvez reprendre un import interrompu à mi-parcours sans aucun nettoyage manuel.
  3. Vous pouvez demander à la banque un relevé couvrant une période plus large si vous soupçonnez qu’il manque une opération.

Proposer ne signifie pas décider

Un système peut proposer le document auquel correspond chaque mouvement et identifier correctement la plupart des cas. Il ne devrait toutefois pas appliquer toutes ses propositions de lui-même en comptant sur une révision ultérieure.

La différence pratique est simple : lorsqu’une proposition explique pourquoi elle est faite — le montant correspond, le libellé contient le numéro de facture, la date coïncide avec l’échéance — sa vérification prend quelques secondes. Sans explication, la vérifier demande autant de travail que d’effectuer le rapprochement manuellement.

Tout doit être réversible

Rapprocher un mouvement du mauvais document peut arriver. Ce qui ne devrait pas arriver, c’est qu’il soit difficile d’annuler l’opération.

  • Annuler un rapprochement doit ramener les deux parties à leur état précédent, sans laisser une écriture partielle en chemin.
  • Ignorer un mouvement doit être une décision visible et réversible, pas une manière de le cacher.
  • Réouvrir un rapprochement clôturé doit conserver la trace de la personne qui l’a fait et de la date.

Un processus impossible à annuler finit par ne plus être utilisé : on finit par l’éviter.

Un rythme qui fonctionne

  1. 01
    Chaque semaineImportez le relevé et rapprochez les mouvements évidents. Dix minutes suffisent et évitent l’accumulation.
  2. 02
    Chaque moisPassez en revue ce qui reste en attente et résolvez-le pendant que vous vous souvenez encore de son origine.
  3. 03
    À chaque clôtureVérifiez que le solde comptable correspond à celui du relevé et que chaque différence peut être expliquée en une ligne.